Un atelier Fanzine pour les enfants

Depuis sa création, la fanzine s’est d’abord et avant tout, imposée comme un moyen d’expression de la contre culture. Pourtant, on le voit, aujourd’hui elle est sortie en partie de ce cadre pour être récupérée par la « pop culture 3.0 ».
Autrement dit, de l’expression contestataire des origines, les Zines ou les Fanzines ont pu devenir, dans certains cas, un moyen d’expression artistique, voire un simple moyen d’expression pour « se raconter ».

Inflation 3.0 : la fanzine, de la contre-culture au moyen d’expression

Depuis l’autre côté du miroir, on pourrait penser qu’un fanzine sans rébellion est une forme de récupération, mais il faut surtout constater qu’il s’agit d’une évolution du genre. D’une certaine façon, la simplicité matérielle du Fanzine contenait intrinsèquement cette possibilité de déclinaison thématique et d’utilisation à d’autres fins. Hors du véhicule politique et du message contre-culturel, ce qui caractérise cette forme de micro-édition, c’est, en effet, la simplicité de sa réalisation ; avec quelques feuilles A4 et quelques pliages, son format est à portée de tous.

Face à cela et au peu de moyens engagés, on comprend que le fanzine ait pu devenir, parfois, une façon simple de favoriser une certaine expression. A l’ère du numérique, il vient même, quelquefois, se couler dans un contexte « inflationniste ». Encouragée par les réseaux sociaux, la télé-réalité, le micro-blogging, et l’ère de la communication ego-centrée, la tendance à « se raconter » en public, dans les grandes largeurs, est devenue à la mode, même et surtout quand on n’a pas grand chose d’intéressant à dire : « j’aime le café au lait« , « je n’aime pas les artichauts« , « je partage une photo de moi en train de manger une pizza« , etc… Il faut le constater, l’expression et certaines formes d’exhibitionnisme passent, plus d’une fois, devant l’intérêt du contenu véritable et du savoir : la tyrannie des opinions et des avis sans intérêt devant le monde des idées et de la réflexion. Les contenus internet sont gonflés par ce grand vide et de cette volonté d’exister à tout prix dans le virtuel qui s’étend, chaque jour, un peu plus. Si le fanzine doit y tomber entièrement, il finira par se résumer à un pliage. Il n’en est heureusement pas là.

Libérer la créativité des plus jeunes et des plus petits

Pour autant, qu’on puisse déplorer cette inflation, l’accessibilité du Fanzine ou de la zine nous semble, en revanche, un outil d’un plus grand intérêt à destination de publics les plus jeunes ou même des enfants. Les laisser exprimer leur créativité, les sensibiliser au format livre et au monde de l’édition, encourager, pourquoi pas ? l’idée de narration. Un atelier Fanzine à leur attention semble toujours une bonne idée. Côté budget, pas besoin d’engager des moyens exorbitants : peinture, colle, feutres de couleur, vieux magazines, stickers,… Avec une photocopieuse noir et blanc ou couleur, on pourra même leur faire goûter aux joies de la micro-édition et à la possibilité de voir leurs créations dupliquées. De quoi faire naître des vocations d’écrivains ou d’artistes en herbe.

Un moyen simple de réaliser une fanzine

Pour mettre en place un atelier à destination des enfants, il faut déjà connaître un moyen de réaliser un format simple. Cette vidéo n’a pas beaucoup de vues mais elle a le mérite de contenir les explications minimum pour réaliser un fanzine de base.

Pour ce qui est des idées de thèmes, à vous de jouer. Cela dépendra, bien sûr, de l’âge de vos participants. Etant de formation classique, je serais personnellement enclin à trouver plus intéressant de s’éloigner des habituels « j’aime, j’aime pas » pour aller vers des choses un peu plus abstraites.

Pourquoi pas, par exemple, un Fanzine sur l’arrêt des essais thermonucléaires dans le Pacifique sud ou encore sur l’impact de la génétique, du clonage et de l’eugénisme sur le monde du vivant ? Je plaisante bien sûr, mais des thèmes aussi simples que la Paix, par exemple, pourrait être un joli contre pied au mouvement punk, avant bien sûr que vos chères têtes blondes soient en âge de comprendre le Rock and Roll et d’écouter les Ramones.